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Lettre de La Fabrique n°11 : Loi « Travail », loi « Sapin II », les députés de La Fabrique engagés dans le débat

L’Assemblée nationale étudie en ce moment le projet de loi « Sapin II » relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.
Les députés de La Fabrique se sont engagés dans ce débat en portant plusieurs amendements sur les différents sujets qu’aborde ce texte.
Yann Galut a ainsi participé activement aux travaux qui ont permis l’émergence d’un consensus sur le futur statut des lanceurs d’alerte. Ceux-ci seront disposeront bientôt d’une reconnaissance officielle et seront protégés par le Défenseur des Droits.
Dans la continuité de la tribune qu’elle a signé dans Libération (retrouvez le lien plus bas dans cette newsletter), Karine Berger a déposé un amendement, cosigné par près de 80 députés socialistes, proposant de limiter la part variable des salaires des dirigeants d’entreprise, qui constitue aujourd’hui un moyen de contournement des règles fiscales et permet trop souvent des abus.
Au-delà de ces engagements législatifs, nos députés accordent une attention particulière à la question du « reporting pays par pays », une proposition que notre motion avait porté et sur lesquelles la loi Sapin II pose des bases encourageantes. L’Union européenne proposera bientôt un règlement en faveur de cette mesure, qui permet de connaitre précisément la répartition des activités et des richesses des entreprises au niveau mondial et donc de lutter contre la fraude. Il est donc heureux que la France prenne les devants.
Les débats sur la loi Sapin II ne font que commencer, mais les mesures qu’elle contient constituent des avancées indéniables en matière de transparence, de lutte contre la corruption et contre les abus des grands groupes. Les députés de La Fabrique resteront mobilisés tout au long de ces débats.
49.3 et débat parlementaire : l’Assemblée doit pouvoir jouer son rôle et débattre de tout le texte
Le mardi 10 mai 2016, le Gouvernement de Manuel Valls a engagé sa responsabilité sur le projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », dit « loi Travail. »
Cette décision est intervenue avant même que l’Assemblée ait débuté l’examen de l’article 2 de ce projet de loi, qui en comptait alors 54, privant les députés d’un débat de fond sur les mesures contenues dans cette loi.
Nous déplorons cette décision de passer en force et de museler le débat parlementaire. Elle relève d’une conception de le République et de la démocratie qui n’est pas la nôtre et qui méprise le travail parlementaire.
La loi Travail, profondément modifiée par le Sénat, reviendra devant l’Assemblée avant la fin de la session parlementaire en juillet.
Les mesures que la droite sénatoriale a inscrites dans cette loi sont des mesures ultra libérales, dangereuses pour l’économie, mortelles pour notre modèle social et inacceptables pour les salariés français.
Cette première version des programmes de destruction sociale des candidats de droite à la présidentielle est un choc de rappel à tous les responsables politiques de gauche : à la violence de la droite, la gauche doit répondre en acceptant le débat et en lui laissant toute sa place.
Le débat parlementaire, les discussions avec les syndicats, avec la société civile, sont maintenant d’autant plus nécessaire qu’il s’agit désormais de construire non pas une version « acceptable » du texte que le Sénat validera, mais de construire le contreprojet qui peut rassembler toutes les forces progressistes.
Les députés de La Fabrique restent mobilisés pour faire entendre nos idées dans le débat qui continue. La loi Travail peut encore devenir une loi utile pour tous les salariés, porteuses de nouveaux droits et de nouvelles garanties. C’est notre ambition.
Suppression du Premier ministre : le débat institutionnel sera essentiel en 2017
D’après Europe 1, le président de la République réfléchit actuellement aux questions institutionnelles et envisagerait notamment la suppression du poste de Premier ministre
La Fabrique se félicite que la plus haute autorité de l’Etat interroge enfin le fonctionnement de nos institutions démocratiques. Le décalage entre celles-ci et les citoyens est pour nous un élément central de la crise démocratique que traverse actuellement notre pays.
Notre motion a présenté, lors du dernier congrès, plusieurs propositions et un certain nombre de pistes de réflexion sur les questions institutionnelles, et notamment cette proposition de suppression du Premier ministre. En finir avec un exécutif bicéphale, souvent discordant et au fonctionnement incompris des citoyens est une clarification incontournable.
Nous sommes persuadés que la question institutionnelle sera au cœur de la prochaine présidentielle. Nous le souhaitons, tant une réforme de notre Constitution est nécessaire.
Au-delà de la suppression du Premier ministre, d’autres mesures doivent être mises sur la table et débattue pour 2017 : le non-cumul des mandats dans le temps, la réforme du Parlement et la réduction du nombre de parlementaires, le tirage au sort d’une chambre des citoyens pour remplacer le CESE, le droit d’amendement citoyen, les référendums révocatoires pour les élus condamnés sont autant de mesures qui doivent être proposée dans le débat public.
La crise de la confiance politique en France s’explique par les impuissances et les erreurs des dirigeants politiques, mais elle s’explique aussi par l’inadaptation de nos institutions. Et répondre à cette crise de confiance, c’est déjà corriger cette inadaptation. Nous l’espérons en 2017.
Batailles électorales de 2016 : La Fabrique s’engage
Le 24 avril dernier, Karine Daniel, mandataire de La Fabrique en Loire-Atlantique et membre du Conseil national, a été élue députée par les habitants de la 3e circonscription de Loire-Atlantique en remplacement de Jean-Marc Ayrault.
Le 22 mai, sur la cinquième circonscription des Alpes-maritimes, c’est notre camarade Chaama Graillat qui a porté les couleurs du Parti socialiste pour succéder à Christian Estrosi. Dans un contexte extrêmement difficile et sur un territoire très défavorable à la gauche, elle a cependant été éliminée dès le premier tour.
Nous félicitons Karine et Chaama pour les difficiles batailles qu’elles ont menées. Nous félicitons également Eric Elkouby, qui a été élu le 29 mai député de la 1re circonscription du Bas-Rhin.
Dans les semaines qui viennent, les 12 et 19 juin prochain, une autre camarade de La Fabrique représentera notre famille politique lors de l’élection départementales partielle de Niort-3. Edwige Brochand sera la remplaçante de la candidate socialiste Désirée Roua. Dans ce canton, où la droite s’était imposée avec seulement 32 voix d’avance il y a un an, nous souhaitons la victoire à nos camarades.
Loi sur l’économie bleue : adoption définitive
L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté définitivement ce mardi la proposition de loi de notre camarade Arnaud Leroy pour l’économie bleue.
Ce texte restera comme le principal texte consacré à la politique de la mer durant ce quinquennat, un texte aborde toutes les facette des l’économie bleue, qu’il s’agisse de la pêche, des transports, de l’écologie, de la sécurité ou encore des systèmes sociaux des travailleurs de la mer.
Les mesures concrètes contenues dans ce texte étaient attendues depuis des années par les acteurs de l’économie de la mer, préoccupés par le déclassement des ports français dans le milieu maritime mondial et par les risques écologiques liés à leurs activités. Nous nous félicitons de l’esprit transpartisan qui a permis, à l’Assemblée comme au Sénat, l’élaboration de cette loi.
Attaques sur des permanences parlementaires et des locaux socialistes
Ces dernières semaines ce sont près d’une centaine de permanences parlementaires, de locaux de sections ou de fédérations socialistes qui ont été la cible de blocages, de dégradations et d’attaques, parfois extrêmement violentes, de la part de fauteurs de trouble.
Si nous comprenons les tensions que provoquent les débats autour du projet de loi Travail dans notre pays, nous condamnons ces actes, qui ont pu aller jusqu’à des tirs à l’arme à feu.
En ce qui nous concerne, et dès le début de ce débat, nous avons rencontré les partenaires sociaux, dialogué avec eux, écouté leurs craintes et leurs demandes. Nous avons voulu infléchir ce projet de loi pour répondre à certaines de ces craintes ou de ces demandes.

Nous dénonçons ces attaques, qui participent d’un climat de tension et de violence dangereux pour le pays et qui ne peut que nuire au débat pourtant nécessaire autour de la loi Travail.

 Karine Berger était l’invitée de la matinale du journal Les Echos pour revenir sur l’actualité politique nationale. Retrouvez les extraits importants et la totalité de

l’entretien ici.

 

 

 

Karine Berger fait partie des signataires de « l’appel des 40 au CAC 40 » paru le 18 mai dans Libération. Les auteurs de cette tribune appelle à une limitation des salaires des patrons des grandes entreprises. Retrouvez le texte ici.
Le 27 avril, Yann Galut était l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter dans l’émission le Téléphone sonne pour participer au débat « Lanceurs d’alerte : qui sont-ils ? Doit-on les protéger ? » Réécouter l’émission ici.
Suite à l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution dans le cadre des débats sur la loi Travail, Alexis Bachelay a rappelé notre position en faveur d’une réforme des institutions et appelé à une suppression de la possibilité pour le gouvernement de faire passer en force un projet de loi.

 

Dans la continuité de la tribune parue dans Libération, Karine Berger a déposé un amendement à la loi « Sapin II » pour inscrire dans la loi la limitation de la part variable des salaires des patrons.

Lettre d’information n° 10 : La Fabrique à Nantes pour la plateforme citoyenne « en 2016, à quoi servent les partis politiques ? »

Nos camarades de La Fabrique en Loire-Atlantique ont organisé samedi 5 mars une plateforme citoyenne qui a rassemblé près d’une centaine de personnes, militants de toutes les motions du Parti socialiste, mais aussi de simples citoyens, parfois proches d’autres partis de gauche.

Cette réunion s’est ouverte avec les interventions d’Arnaud Leclerc, politologue à l’Université de Nantes, d’Ali Rebouh, conseiller départemental et adjoint au maire de Nantes, de Philippe Grosvalet, président du conseil départemental et de Karine Berger.

Mais la parole a surtout été donnée, pendant près de deux heures, au public, qui s’est interrogé sur la crise de confiance entre les Français et les partis politiques, sur les particularités du militantisme par rapport à d’autres formes d’engagement ou encore sur la nécessité de changer le fonctionnement des partis politiques.

Ce que les prises de parole ont laissé apparaitre, c’est avant tout un décalage entre les missions qui sont celles d’un parti politique (désignation des candidats, formation des militants, débat interne) et la capacité des partis à s’en acquitter, en se limitant souvent à l’aspect électoral et en ignorant de plus en plus, pour des raisons de pouvoir interne, la formation et le débat, qui sont pourtant les premières attentes des militants. C’est également le décalage entre les promesses faites et les engagements tenus, toujours plus important à mesure qu’on s’éloigne de l’action de proximité. C’est enfin l’absence de représentativité sociale, générationnelle, ethnique, genrée, dans des partis qu’on a du mal à croire parce qu’ils semblent toujours réservés aux mêmes.

Il faut donc retrouver une vision d’ensemble, qui s’appuie sur une base idéologique concrète, débattue et arrêtée en dehors du seul cadre électoral, qui permette de redonner une identité politique aux partis. Mais il faut également retrouver un contact direct avec les citoyens, qui permette de répondre par un travail pédagogique à la crise de confiance institutionnelle et qui permette de renouer avec les acteurs de la société civile, qui eux ne souffrent pas du désengagement.

Les participants se sont félicités de la qualité de ce débat, et des propositions qu’il a fait émerger pour plus d’exemplarité des femmes et des hommes politiques, pour une meilleure représentativité des partis et pour répondre à la crise de confiance entre les citoyens et leurs représentants.

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Nouvelle élection du premier secrétaire fédéral dans la Meuse :
Arnaud Mac Farlane, mandataire de La Fabrique, l’emporte

 

 

Suite à la démission de leur premier secrétaire fédéral, les militants de la fédération de la Meuse étaient appelés aux urnes le 3 mars pour départager deux candidats : Jérôme Perrigaud, conseiller municipal de Revigny-sur-Ornain, et Arnaud Mac Farlane, secrétaire de section de Bar-le-Duc et mandataire de La Fabrique dans le département.

Avec une bonne participation, 91% des militants ont choisi Arnaud Mac Farlane, qui a pris ses fonctions dès le lendemain en animant son premier Conseil fédéral.

Nous félicitons Arnaud pour son élection et lui souhaitons bonne chance pour le long travail de rénovation et de reconstruction qu’il souhaite mettre en œuvre. Il est désormais le 7e premier secrétaire fédéral de France issu de notre motion.

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Karine Daniel sera la candidate du
Par
ti socialiste pour succéder
à Jean-Marc Ayrault

 

Karine Daniel, mandataire de La Fabrique en Loire-Atlantique et membre du Conseil national, a été désignée par les militants vendredi 11 mars pour porter les couleurs du PS lors de l’élection législative partielle des 17 et 24 avril prochain.

Après le retour au gouvernement de Jean-Marc Ayrault et suite au décès de son suppléant, une partielle doit en effet être organisée dans la troisième circonscription de Loire-Atlantique.

Karine Daniel et son suppléant, Jean-Michel Eon, auront fort à faire pour maintenir à gauche cette circonscription, mais leur engagement pour le renouvellement des pratiques politiques, l’exemplarité des élus et l’écoute des citoyens saura sans aucun doute convaincre les électeurs. Les députés de La Fabrique attendent avec impatience d’accueillir Karine Daniel à l’Assemblée nationale

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Karine Berger était l’invitée de France Inter mardi matin (6h23). Elle est notamment revenue sur la nouvelle version de la loi Travail et sur les améliorations qui peuvent encore y être apportées. La Fabrique poursuit notamment le combat contre les nouvelles conditions du licenciement économique

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Alexis Bachelay était lundi l’invité de RTL midi. Il s’est dit heureux que les demandes des syndicats et des parlementaires socialistes aient été entendues par le gouvernement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Invitée de « Territoires d’Infos » sur Public Sénat – Sud Radio, Karine Berger était revenue il y a une semaine sur les évolutions à apporter à la loi Travail, dont la première version était « inacceptable en l’état. »

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Alexis Bachelay était mardi soir l’invité de « Ça vous regarde » sur LCP pour revenir sur les modifications apportées à la loi travail par le gouvernement

 

 

 

Notre courant a débattu de la réforme constitutionnelle jusqu’au bout et a imposé les Primaires dans la feuille de route du Parti socialiste.

Edito par Karine Berger, Yann Galut, Valérie Rabault et Alexis Bachelay

Cher-e-s ami-e-s,

Le débat sur la déchéance de nationalité et les positions prises par les députés de La Fabrique ont suscité de nombreuses interrogations parmi vous.

Nous comprenons ces interrogations. Nous avons nous-même longtemps débattu du sujet. Entre nous, d’abord, mais surtout avec les militants et les responsables du réseau de La Fabrique. La position majoritaire des députés de notre motion a notamment été présentée et discutée lors de la réunion de direction du 3 février dernier. Cele-ci a rassemblée comme toujours les représentants de La Fabrique dans plus de quarante départements et lors de la rencontre du 31 janvier en marge du rendez-vous des secrétaires de section.

Nous l’avions dit, nous sommes opposés à l’extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français, tout comme nous sommes opposés à la création d’apatrides.

En conséquence nous avons tous défendu des amendements de suppression de l’article 2, dont la version initiale ne nous paraissait pas conforme à cette double exigence.

Plusieurs d’entre nous ont considéré cependant que la nouvelle rédaction de l’article 2, proposée par le gouvernement sous la pression des députés socialistes, peut être votée. En effet :

1) L’article deux ne fait plus du tout mention des binationaux nés français ; c’était fondamental. Nous ne pouvions pas violer l’article 1 de la Constitution et créer deux catégories de Français ;

2) Il modifie la constitution pour passer d’une situation où « la loi fixe les conditions de la citoyenneté » à une situation où « la loi fixe les conditions de la nationalité, y compris les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci […] » ce qui ne change pas grand chose.

Quand la Constitution dit que « la loi fixe les conditions de la citoyenneté », cela signifie qu’elle fixe tous les principes liés à la citoyenneté, qu’il s’agisse de son acquisition ou de sa perte. C’est dans ce cadre que la déchéance de nationalité figure déjà aujourd’hui dans nos textes de loi et c’est pour cela qu’elle a déjà été appliquée à plusieurs reprises et jugée constitutionnelle par le Conseil constitutionnel.

La nouvelle rédaction, écrivant que « la loi fixe les conditions de la citoyenneté et de la déchéance », ne change donc rien à ce qui est déjà dans la jurisprudence constitutionnelle, elle ne prévoit rien de nouveau dans le domaine de la loi.

C’est sur la base de cette analyse que notre motion a arrêté sa position au cours des deux dernières semaines. Non sans avoir déposé des amendements (malheureusement refusés par le gouvernement), proposant notamment l’inscription du droit du sol dans la Constitution et la suppression du mot race.

Les députés de La Fabrique ont toutefois eu des positions différentes lors du vote sur l’article 2 et sur l’ensemble du projet de loi constitutionnel. Nous devons assumer cette diversité d’opinion, dont nous croyons qu’elle peut se manifester même au sein d’un même courant : l’uniformité, sur un sujet aussi fondamental, ne saurait s’imposer. La liberté de conscience, lorsqu’il s’agit de changer notre texte constitutionnel, est une évidence.

La direction nationale de La Fabrique

Conseil national du 6 février 2016 : La Fabrique obtient trois avancées majeures

Conseil national du 6 février 2016 :
La Fabrique obtient trois avancées majeures

Le Conseil national du Parti socialiste s’est réuni le 6 février dernier pour débattre de la feuille de route du Parti socialiste. Le texte de cette feuille de route nous a été transmis le jour même à 9h, et c’est donc très rapidement que les représentants de La Fabrique au Conseil national ont dû se positionner. Nous avons néanmoins tous déploré le très court délai de convocation, l’ordre du jour minimaliste et l’absence totale d’information.

Nous avons décidé à l’unanimité de présenter trois amendements portant sur :

– La création d’une commission nationale sur l’urgence sociale et économique, qui présentera d’ici la prochaine loi de Finances un bouclier social pour protéger le pouvoir d’achat et le reste à vivre des Français ;

– L’obligation de réunir plus souvent le Conseil national pour permettre le débat au sein du parti et des prises de position sur les débats d’actualité. Le Conseil national se réunira donc fin mars, puis au moins une fois tous les deux mois ;

– La création d’une commission « d’organisation des primaires et de préparation de la présidentielle. »

Vous trouverez dans la suite de cette newsletter les interventions de nos quatre orateurs.

Le texte originel du Premier secrétaire ne nous convenant pas, nous avons également décidé de voter contre, sauf si la totalité de nos demandes d’amendement étaient acceptées.

Prenant la parole avant le vote final pour revenir sur les débats ayant eu lieu dans l’après-midi, Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, non sans surprise pour nous, qu’il acceptait nos trois amendements. Les membres du Conseil national de la motion D se sont donc concertés et ont décidé, comme envisagé lors de la réunion préparatoire de la matinée, qu’ils allaient voter l’ensemble du texte amendé.

Dans le même temps, une résolution de la motion B demandant la réécriture de l’article de 2 du projet de loi constitutionnelle en faveur d’une « déchéance nationale » (donc une peine symbolique) n’a pas été mise au voix pour des raisons de procédure, alors que nos représentants souhaitaient voter en faveur de cette résolution.

La Fabrique a donc obtenu des avancées conséquentes, notamment un premier pas vers l’organisation d’une primaire de la gauche, position que nous avions été les seuls à défendre durant le Congrès de Poitiers. Nous avons également fait en sorte que le Parti socialiste prépare au mieux les prochaines présidentielles en débattant et en étant force de proposition. Il est faux, comme on a pu le lire dans certains médias, de dire qu’il a renoncé à préparer un programme présidentielle. Les cahiers de la présidentielle, mais surtout nos Plateformes citoyennes sont les premières étapes sur le chemin d’un parti qui devra être force de proposition et non un simple astre mort!

Karine Berger :

« Pour réactiver le Parti socialiste il ne faut pas le dépasser, il faut le réveiller ! »

Mes chers camarades,

Je suis heureuse de vous revoir car le Conseil national du Parti socialiste, le parlement du Parti, ne s’est pas réuni depuis le 19 septembre 2015. Que s’est-il passé ? Beaucoup de choses qui auraient dû être débattues dans notre Conseil national et qui ne l’ont pas été.

19 septembre 2015 – 6 février 2016. Il y a eu le vote d’une loi de Finances. Le Parti socialiste avait pris position lors du Bureau national du 27 juillet et fait un certain nombre de demandes. Force est de constater que nous n’avons pas été écoutés. Dans la loi de Finances votée en décembre dernier, nous n’avons pas réussi à faire inscrire les demandes du Parti socialiste.

19 septembre 2015 – 6 février 2016. Notre pays a été touché par de nouveaux attentats, qui ont fait 130 morts à Paris. Le président de la République a réuni le Parlement à Versailles et a pris les mesures d’urgence qui s’imposaient. Mais quand le gouvernement a proposé d’instaurer l’état d’urgence, de l’inscrire dans la Constitution ou d’étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés français, quelle a été la position du Parti socialiste ? Oui nous nous félicitons d’avoir obtenu que dans la nouvelle version de la réforme constitutionnelle, il n’y ait plus aucune différence entre les Français, selon leurs origines ou selon leur nombre de leurs nationalités. Mais  sur le reste ? pas de position de notre Parti, alors même que dans des dizaines de fédérations les conseils fédéraux ont eu une parole forte sur le sujet.

19 sept 2015 – 6 février 2016. L’Europe n’est plus la même. L’Union européenne est chamboulée par un choc lié à l’arrivée massive de personnes qui fuient la guerre, qui fuient la torture et sur lesquelles nous avons énormément de mal à trouver un accord y compris à l’intérieur du Parti socialiste européen. L’Union européenne est chamboulée parce que nous n’avons pas vu arriver la situation épouvantable qui s’est créée il y a simplement quinze jours, date à laquelle un pays de la zone euro, le cœur de l’Union européenne, la Grèce, a été exclue de Schengen parce que nous ne parvenons pas à créer un consensus européen sur la solidité de nos frontières extérieures. Quelle a été la position de notre Parti là-dessus je ne peux pas vous le dire, mais je remercie nos eurodéputés socialistes d’avoir fait un communiqué disant que nous nous opposons, évidemment, à la sortie de la Grèce de Schengen.

19 sept 2015 – 6 fév 2016. Combien de mois, combien de choses à décider, combien de combats que la gauche doit porter ? Evidemment celui de la primaire qui a été pour la première fois lancée à l’extérieur du Parti socialiste, notre motion y reviendra dans quelques instants. Ce ne sont que quelques exemples de tout ce que nous n’avons pas réussi à prendre en main au cours des derniers mois. Alors cher Jean-Christophe : pour réactiver le Parti socialiste il ne faut pas le dépasser, il faut le réveiller !

Nous demandons non pas un dépassement du Parti socialiste, nous voulons le réveil du Parti socialiste. Il n’est pas question de laisser notre parti sans Conseil national jusqu’au 28 mai 2016, ce qui nous est proposé dans la résolution qui circule depuis deux heures. La première demande d’amendement de la motion D au texte qui est proposé par la direction sera, et nous demandons qu’il y ait un vote là-dessus, que le prochain Conseil national ait lieu fin mars, notamment pour prendre position sur les questions de réforme du travail.

Fin mars, Conseil national, et que d’ici la présidentielle nous ayons des Conseils nationaux espacés au maximum de deux mois. Nous devons, mes chers camarades, réveiller notre parti. Il nous reste 14 mois pour organiser la façon dont je l’espère nous arriverons à remporter l’élection présidentielle et les élections nationales de 2017, ce n’est pas avec une feuille de route qui nous propose de nous revoir en Parlement socialiste deux ou trois fois maximum avant la fin de cette année que nous y arriverons. C’est la première des demandes, et je laisse mes autres camarades présenter les deux autres modifications du texte que nous proposons afin encore une fois que nous arrivions tous ensemble dans la bataille de l’année prochaine, merci.

Yann Galut :

« La question des primaires va être une question centrale du débat politique dans les jours, dans les semaines qui viennent. Quelle va être la réponse du Parti socialiste à cette question-là ? »

Mes chers camarades, cher Jean-Christophe,

Je pense que ça nous fait à tous plaisir de nous retrouver enfin ici au Conseil national et c’est vrai, je rejoins les propos de Bruno Le Roux, de Jean-Christophe, nous avons connu une année terrible. Nous devons tenir compte de la volonté des Français d’union et d’unité nationale. Mais l’union et l’unité nationale ne doivent pas marcher d’une seule jambe. Il faut aussi que dans cette union et cette unité nationale nous retrouvions les valeurs de ce qui fait notre famille politique, de ce qui fait la gauche. Et dans le débat actuel à l’Assemblée nationale, évidemment, les socialistes, au-delà des seuls députés socialistes, doivent et peuvent se retrouver.

Et j’en arrive donc, Jean-Christophe, au rôle du Parti socialiste. Je ne sais pas si tu l’as rappelé mais en tout cas certains d’entre nous le savent : sur le débat sur la déchéance de nationalité il y a eu des motions, des résolutions dans des dizaines de fédérations, souhaitant non seulement la remise en cause de la manière dont est écrite la déchéance de nationalité, mais souhaitant aussi une prise de position du Parti socialiste. Et ça on ne peut pas le balayer d’un revers de main.

Et donc ça nous impose que le Parti socialiste, ce n’est pas facile bien sûr quand on est le parti qui soutient le gouvernement, trouve sa place et trouve une expression publique et politique. La première demande qui est faite aujourd’hui par La Fabrique mais aussi par les camarades de toutes les motions, c’est que le parti, fier de ses valeurs, puisse porter sa propre parole et avoir ses propres positions politiques, sans mettre en difficulté le gouvernement et le président de la République car ça n’a jamais été l’objectif d’aucun socialiste.

Nous souhaitons donc qu’il y ait des conseils nationaux réguliers, en tenant compte bien sûr de la situation, et que dans ces Conseils nationaux nous puissions avoir des prises de position qui soient claires. Des prises de position sur les débats actuels et sur les débats futurs. Des prises de position qui auraient pu permettre d’en finir notamment avec le débat sur la déchéance de nationalité en faisant une évolution vers ce qui rassemble les socialistes, c’est-à-dire la déchéance nationale.

Et là on revient Jean-Christophe à une chose qui nous semble manquer dans la feuille de route que tu nous présente. Les choses ne sont pas claires : quelle est notre position et quel va être notre dispositif sur les primaires ? On ne peut pas se contenter, comme c’est le cas dans le texte que tu nous présente, de mettre une ligne en disant que de mémoire le 10 février une délégation du PS rencontrera les organisateurs de « notre primaire. »

La question des primaires va être une question centrale du débat politique dans les jours, dans les semaines qui viennent. Quelle va être la réponse du Parti socialiste à cette question-là ? Il va y avoir un double écueil. N’oublions pas mes camarades que c’est quand même le processus des primaires qui a amené à la victoire de François Hollande. Que ce processus des primaires est inscrit dans nos statuts. Que le peuple de gauche d’une façon générale souhaite l’organisation des primaires et que parallèlement à ça la droite va elle organiser les siennes. Donc on ne pourra pas échapper à ce débat. On ne pourra pas le balayer d’un revers de main.

Il faut que nous, Parti socialiste, nous puissions nous positionner pour une primaire de toute la gauche et des écologistes pour faire en sorte que notre candidat se re-légitime à travers cette primaire. Pour faire en sorte de gagner la présidentielle en ayant élaboré un programme qui soit acceptable par l’ensemble de la gauche. C’est pour ça Jean-Christophe qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main cette question de l’organisation des primaires. C’est pour ça qu’il faut que notre Conseil national et notre parti soient offensifs sur cette question-là.

Nous souhaitons pour terminer, dans une démarche constructive, voter le texte que tu nous présente, mais nous avons trois amendements qui sont posés sur la table. Nous souhaitons, pour ce qui est des primaires, que puisse être rajouté au texte la phrase suivante : « le Parti socialiste crée une commission d’organisation de la primaire de la gauche et de préparation à la présidentielle. » C’est une des conditions qui nous permettra je le pense de gagner les élections présidentielles. Je vous remercie mes camarades.

Valérie Rabault :

« Nous demandons une commission nationale sur l’urgence sociale et économique qui présente propose un bouclier social. Il faut préserver le reste à vivre des Français. »

Chers camarades, cher Jean-Christophe,

Tu parles aujourd’hui de dépassement, mais ce qui nous guette me semble-t-il c’est le trépassement. Et éviter mes chers camarades ce trépassement c’est parler de sujets qui inquiètent les Français. C’est entendre ce qui se dit, ce qu’il s’est passé aux élections régionales avec l’entrée en force du Front national dans nos conseils régionaux.

Et ce qui inquiète les Français aujourd’hui c’est la situation économique. C’est l’emploi. C’est le pouvoir d’achat. Sur ce plan il nous semble que le texte que tu nous proposes ne répond que partiellement à ces attentes. D’abord sur le constat. Il est écrit que le PS constaterait que « les objectifs de croissance seraient atteints ». Alors je ne sais pas à quels objectifs il est fait référence, mais si je reprends ceux des 60 propositions de 2012, il me semble que le compte n’y est pas encore. Et de fait il n’y est pas non plus sur le pouvoir d’achat.

Ce mot pouvoir d’achat ne figure pas dans le texte qui nous est proposé aujourd’hui, et c’est pour cela que nous soumettons à ce Conseil national notre amendement numéro 3, amendement numéro 3 de la motion D, La Fabrique, qui porte sur le pouvoir d’achat. Nous souhaitons, nous demandons, qu’une commission nationale sur l’urgence sociale et économique soit créée afin qu’elle puisse présenter à l’occasion de la prochaine loi de Finances un bouclier social. Un bouclier social c’est quoi ? C’est l’idée qu’il faut préserver le reste à vivre des Français. Ce reste à vivre est comme le dit son nom, ce qui reste à vivre, une fois qu’on a déduit de ses revenus l’ensemble de ses taxes et impôts. Nous avons baissé l’impôt sur le revenu pour de nombreux Français. Mais aujourd’hui je souhaite insister plus précisément sur les « autres » taxes et impôts qui ont connu une croissance exponentielle ces dernières années, et je pense notamment aux taxes locales.

Nous voulons que ce reste à vivre soit pris en compte, nous voulons que nous puissions avoir un bilan précis de l’ensemble des taxes et que, pour salaire donné, il puisse y avoir un reste à vivre décent pour l’ensemble des français. C’est l’objet de cet amendement numéro 3 qui est présenté par La Fabrique, qui est au cœur de ce que demandent les français, qui est au cœur de cette urgence sociale qui gronde sur l’ensemble du territoire, qui fait que le Front national a marqué des points à l’occasion de ces dernières élections régionales.

Ce bouclier social, il est indispensable aujourd’hui. Il est indispensable pour que chaque français puisse avoir un reste à vivre décent, un reste à vivre qui lui permette de ne pas courir après les fins de mois. Il faut que nous ayons un résultat tangible.

Pour finir, je citerai François Mitterrand : « la gauche n’a pas d’efficacité dans le déni d’elle-même ». Mais la gauche est la force politique vraiment efficace lorsqu’elle est unie autour de ses valeurs.

 

Aurélien Bernicchia :

« Le camarade Cambadélis nous a invités à travailler sur le précariat. La Fabrique prendra sa part de ce travail. »

Je me présente, Aurélien Bernicchia, militant de Seine-et-Marne, département qui a eu la chance de voir passer Amine El Katmi, récemment la cible d’attaques aussi injustes qu’abjectes. Il est présent aujourd’hui parmi nous et il était important de le saluer.

Mes chers camarades,

Il y a 10 ans, presque jour pour jour, la jeunesse de France avait fait descendre dans la rue pratiquement 3 millions de personnes contre la précarisation organisée de son avenir. Malgré ce mouvement à l’ampleur historique, et c’est un mouvement qui a été victorieux, c’est important de le rappeler, la Droite devait emporter l’élection présidentielle.

Heureusement, dans les territoires qui étaient alors majoritairement à gauche, la gauche, unie souvent, luttait contre cette précarisation qu’on nous promettait. La gauche mettait en place des boucliers sociaux. La gauche organisait la solidarité et la redistribution des richesses.

Aujourd’hui, nos concitoyens, jeunes en tête, sont écrasés par la précarité. Partout les taxes locales explosent. Bien souvent c’est l’œuvre de la droite, comme l’a dit Valérie Rabault. Et nous sommes écrasés par la précarité. La précarité de la santé, la précarité de l’emploi, la précarité du chômage.

En Seine-et-Marne par exemple, très rapidement, le conseil départemental a démoli en quelques mois 10 ans de politiques sociales que la gauche avait mis en place. Le conseil départemental de droite a par exemple supprimé la gratuité des transports scolaires pour l’ensembles des élèves, des collégiens et des lycéens, ce qui représente notamment pour certaines familles plus de 2750 % d’augmentation des frais de transport !

Et face à cette angoisse du déclassement, la seule réponse qu’on entend en ce moment dans notre famille, quasiment la seule, c’est la dégressivité des indemnités chômage ? Moi ça m’interpelle, j’espère que ça vous interpelle aussi : camarades, nous ne sommes pas des libéraux ! Et il est urgent de réagir.

Le camarade Cambadélis nous a invités à travailler sur le précariat. La Fabrique prendra sa part de ce travail. Nous avons proposé beaucoup de chose sur ce sujet, notamment, Valérie Rabault l’a rappelé, l’instauration du reste à vivre garanti. Nous continuerons à le faire dans le cadre, je l’espère, des cahiers que tu nous as proposé cher Jean-Christophe.

Et j’aimerais aussi attirer votre attention sur l’année qui s’ouvre. 2016 sera si nous ne faisons rien une année préemptée par la droite, médiatiquement en tout cas, puisque vous le savez tous la droite organisera sa primaire. Nous devons donc réagir pour remettre les idées de gauche au centre du débat.

Pour cela, il faut nous organiser en conséquence, et nous devons réunir nos instances nationales aussi souvent que possible pour faire émerger les idées de gauche dans ce débat.

Le seul moyen de régler nos différends avec nos camarades des autres partis, des partis frères, c’est la primaire ! Alors si nous choisissons cette voie, nous ne devons absolument pas rater ce moment de nous redonner tous les moyens possibles pour réussir. Nous devons mettre toutes les chances de notre côté et nous organiser en conséquence.

Peu importe le candidat que nous désignerons, même si nous avons un candidat naturel, il gagnera cette primaire et nous gagnerons la présidentielle!

Je vous remercie.

Statistiques ethniques dans le Journal du Dimanche : La Fabrique va saisir la commission des sondages

Dans son édition du 31 janvier, le Journal du Dimanche a publié un sondage inquiétant par les questions qu’il pose.

Ce sondage établit notamment un lien entre des groupes ethniques ou confessionnels et l’idée de menaces, d’insultes ou de violences. Il incite les personnes interrogées à recourir à des préjugés raciaux, en particulier en les poussant à établir un lien entre l’apparence physique et l’origine géographique ou la pratique religieuse et à établir un autre lien entre ces critères et la violence supposée des individus.

La Fabrique va donc saisir, par le biais de sa présidente, la commission des sondages afin qu’elle puisse rappeler que l’incitation à la discrimination raciale ou communautaire est un délit et que les statistiques ethniques sont interdites dans notre pays. Nous pensons qu’elle saura reconnaitre les questions légales et éthiques que soulève chez nous ce sondage.

Primaire de la gauche : oui, mais pas sans le peuple de gauche !

La question des primaires est revenue sur le devant de la scène ces dernières semaines. Nous avions été lors du congrès la seule motion à prendre une position claire sur les primaires et à défendre leur élargissement. Cette idée est pour nous toujours d’actualité.

Une primaire de la gauche doit permettre, pour 2016, de réaliser l’union des forces de gauche. Face à la menace toujours plus forte d’une élimination de la gauche au profit de la droite extrême et de l’extrême-droite, l’union est une condition. Le débat l’est aussi, un vrai débat d’idées qui permette à notre famille politique de repartir au combat sur les idées et de retrouver ses valeurs.

Les « Cahiers de la présidentielle » annoncés par le Parti socialiste sont une initiative heureuse qui s’inscrit dans la même logique de reprise du débat d’idée, mais il manque ce travail de terrain, cette volonté de renouer avec les citoyens, les acteurs du monde associatifs et les autres partis de gauche. C’est ce débat sur les idées au contact du réel que nous avons lancé en créant les Plateformes citoyennes que les militants de La Fabrique vont porter dans les territoires. Un guide d’organisation de ces plateformes est prêt et a d’ores et déjà été diffusé aux mandataires locaux de La Fabrique.

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Déchéance de nationalité : notre position après les modifications du gouvernement

Lors de la réunion de la commission des Lois de l’Assemblée nationale mercredi 27 janvier, le gouvernement a annoncé une modification de l’article 2 du projet de loi constitutionnelle de « protection de la Nation. »

Nous avions annoncé notre opposition à la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français. Nous voterons néanmoins la nouvelle version de la réforme constitutionnelle.

D’abord parce qu’il nous semble que cette nouvelle version ne crée aucune rupture d’égalité entre Français, ce qui était le point le plus grave soulevé par le texte originel.

Ensuite parce que si cette nouvelle version devait être finalement adoptée par le Congrès nous serions vigilants à nous opposer à l’inscription dans la loi de toute extension de la déchéance de nationalité, et en tout état de cause à toute rupture d’égalité entre Français.

Lors du débat parlementaire sur cette réforme constitutionnelle, les députés de La Fabrique défendront également deux amendements, l’un supprimant le mot « race » de la Constitution, l’autre inscrivant le droit du sol dans notre texte fondamental.

 

Plus de soixante secrétaires de section à la réunion de La Fabrique

Ce dimanche, à l’occasion du rendez-vous annuel des secrétaires de section à Paris La Fabrique a organisé un moment convivial dans un café proche de la salle de la Mutualité.

Vous étiez plus de soixante responsables socialistes, secrétaires de section, premiers fédéraux, élus et militants à nous avoir rejoint. Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui sont venus de toute la France assister à cet événement.

Cette réunion fut un vrai succès, un temps d’échanges riche qui a une fois de plus mis en lumière la diversité, l’engagement et la volonté d’avancer, de proposer et de travailler qui sont les marques de fabrique de notre courant.

C’est cet état d’esprit que nous porterons encore lors du Conseil national convoqué samedi prochain.

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Transparence fiscale : qu’en est-il exactement ?

hemicycle

Par Valérie Rabault (cliquer ici pour découvrir son site)

Le marathon budgétaire vient de s’achever. En quelques chiffres, cela donne : 248 heures de séance (plus les heures de débat en commission des finances), 3641 amendements examinés en séance (plus ceux débattus en commission des finances) et 1005 adoptés.

La presse et les réseaux sociaux se sont intéressés de manière plus spécifique à quelques-uns d’entre eux sur lesquels je souhaite revenir. J’aborderai d’abord celui qui a donné lieu à 1h10 du matin, le 16 décembre, à une seconde délibération demandée par le gouvernement. Je ne vous ferai pas de la langue de bois, en vous disant qu’avoir recours à une seconde délibération n’est jamais très satisfaisant… surtout à 1h du matin quand l’hémicycle est un peu moins rempli que dans l’après midi….Mais passons sur ce point, et venons-en au fond.

Que proposait cet amendement ? Il visait à demander à toutes les entreprises françaises ayant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 40 millions d’euros à rendre publiques des informations sur le chiffre d’affaires, leur résultat net, les impôts payés, etc….et ce pays par pays (« reporting pays par pays »). Ces informations sont d’ores et déjà disponibles au global, l’amendement proposait qu’elles soient rendues publiques pays par pays. On estime à 8000 le nombre d’entreprises françaises concernées par cet amendement.

Alors que depuis 2012, je me bats avec d’autres sur la transparence fiscale, j’ai voté contre cet amendement, et je souhaite revenir ici sur les raisons qui ont guidé mon vote.

Pour mémoire, depuis mon élection en 2012, j’ai déposé pour toutes les lois de finances, des amendements visant à introduire dans le droit français, les 15 recommandations de l’OCDE en matière de lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale agressive.

Voici le lien vers quelques-uns des amendements déposés : dans la loi de finances pour 2013, dans celle pour 2014, …. En novembre 2013, nous étions même parvenus à faire voter un dispositif sur l’abus de droit en matière fiscale (lien vers le compte rendu qu’en avait fait mon collègue Pierre-Alain Muet relatant l’échange que j’avais eu dans l’hémicycle avec le président de la commission des finances)… malheureusement le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 29 décembre 2013 l’avait retoqué (commentaire du conseil constitutionnel sur l’article 100)

Au-delà des tentatives que je viens de mentionner qui n’ont pas abouti mais qui se poursuivent, des avancées ont néanmoins été obtenues :

  1. Transparence bancaire : dans la loi bancaire, à l’initiative des députés, nous avons ajouté une disposition au texte proposé par le gouvernement demandant aux établissements bancaires de publier un certain nombre de données (chiffres d’affaires, effectifs, …) pays par pays. Concrètement l’objectif était de détecter l’évasion fiscale par des recoupements (imaginons un établissement qui aurait plusieurs milliards d’euros de chiffres d’affaires avec seulement 2 salariés… on pourrait alors légitimement soupçonner que ce chiffre d’affaires est « anormal » et risque de provenir d’évasion fiscale).
  2. Transparence pour les grandes entreprises : nous avons étendu aux grandes entreprises les obligations définies ci-dessus pour les banques.

Pour être efficaces, ces avancées ont été construites avec nos collègues européens. En effet, si l’Europe ne suit pas, il n’y a rien de plus simple pour une grande entreprise ou une banque de délocaliser son siège dans un pays qui n’exige pas les obligations de transparence que nous nous sommes fixées. Et là, toutes les dispositions que nous avons votées n’auraient eu strictement aucun effet au final. C’est ainsi que la rapporteure du texte sur la loi bancaire, ma collègue Karine Berger, s’était déplacée à plusieurs reprises à Bruxelles pour discuter à la fois avec la Commission européenne et avec les députés du Parlement européen, pour faire en sorte que « nous avancions ensemble », c’est à dire que les progrès indispensables en matière de transparence soient faits par tous. Ainsi, dans les 2 cas, nous avons fait en sorte que l’Europe suive : pour les banques, ce fut le cas avec le CRD-IV (directive européenne mise en oeuvre en 2015 pour les banques) et pour les grandes entreprises notre texte prévoit que son entrée en vigueur se fasse avec celle « d’une disposition adoptée par l’Union européenne et poursuivant le même objectif ».

L’amendement proposé de « reporting pays par pays » pour des entreprises à partir de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel n’est – à ce stade – pas envisagé par le Parlement européen ni par la Commission. Dès lors, si cet amendement avait été voté, on se serait retrouvé dans la situation que je décrivais ci-dessus… il « suffisait » aux entreprises concernées par l’obligation de délocaliser leur siège dans un autre pays de l’union européenne.  Je ne suis pas sûre que la France y aurait été gagnante, ni en terme d’objectifs de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, ni en termes d’emplois, ni en termes de compétitivité (les entreprises françaises se seraient retrouvées à rendre publiques des informations sur leur stratégie à l’international sans que la réciproque ne s’applique pour leurs homologues allemandes, néerlandaises, italiennes, espagnoles)….

Au-delà de ces obligations de transparence, nous avons obtenu d’autres avancées que pour ma part je trouve puissantes pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscale. Toutes ces avancées résultent d’amendements déposés par les députés socialistes et dont j’ai été soit co-signataire, soit rédactrice et signataire :

  1. en 2013, nous avons voté l’obligation pour toute les entreprises de transmettre systématiquement à l’administration fiscale, de manière dématérialisée leur prix de transfert. On sait qu’une manière de « transférer » du bénéfice vers un pays à fiscalité allégée, passe par les prix de transfert (grosso modo ils sont « gonflés »). Dès lors, une manière efficace est de contrôler ces prix de transfert. Jusque là, ce contrôle ne se faisait que lors des contrôles fiscaux. Désormais, l’administration fiscale peut suivre en temps réel ces prix de transfert, et construire des bases de données qui lui permettent de détecter des prix « anormaux ».
  2. en 2015, à l’occasion de cette loi de finances pour 2016, nous avons voté l’échange automatique d’informations, dès 2017, entre les administrations fiscales de tous les pays pour les entreprises ayant un chiffre d’affaire supérieur à 750 millions d’euros. Concrètement, cela signifie que pour une entreprise française ayant par exemple une filiale en Irlande, l’administration fiscale française transmettra automatiquement à son homologue irlandais les informations concernant cette entreprise, afin de s’assurer que la partie du bénéfice déclarée en Irlande est bien correctement taxée… et qu’elle n’échappe pas à l’impôt. Là aussi, c’est un grand pas vers plus d’efficacité.

Enfin, le combat se poursuit bien entendu, toujours en partenariat avec nos voisins européens. Pour ma part, j’ai rencontré l’an dernier la présidente de la commission du budget du Royaume-Uni à propos de recommandations de l’OCDE adoptées par le G20 déjà mises en vigueur au Royaume-Uni et qu’il faudra mettre en oeuvre en France. Des contacts très réguliers sont pris avec les députés allemands du Bundestag et des euro-députés. On continue.

La Fabrique lance ses plateforme citoyennes

karineberger_okCher-e-s ami-e-s,

Aux lendemain de régionales qui ont vu le Front National effectuer une percée au premier tour et échouer face au vote républicain, le premier secrétaire du Parti socialiste a relancé le projet d’une « maison commune des progressistes. » Mais il n’a parlé que d’alliances stratégiques, que ce soit avec les partis de gauche ou ceux du centre droit.

A La Fabrique, nous réaffirmons qu’une grande alliance populaire est possible. Mais une telle alliance doit se construire sur le fond, sur les idées, sur les valeurs, sur la réalité du terrain, et pas par des jeux d’appareils et des accords d’antichambre parisiens.

C’est pourquoi nous laissons au premier secrétaire du Parti socialiste les débats sur la forme. Parce que nous sommes le courant des idées de notre parti, nous lançons dès aujourd’hui trois grandes plateformes citoyennes, qui seront portées par les militants dans les fédérations.

Ces plateformes citoyennes, c’est le dialogue du Parti socialiste avec le peuple de gauche, avec les associations, avec les partenaires sociaux, avec les citoyens, avec tous les acteurs du quotidien qui, en se réfugiant dans l’abstention, on voulu nous adresser un message. Toutes celles et tous ceux qui, en se mobilisant face à l’extrême-droite au second tour des régionales nous on dit qu’ils voulaient le changement, mais que ce changement ne pouvait pas se bâtir sur la haine de l’autre.

Ces plateformes mobiliseront les militants en partant du terrain, en demandant simplement les avis, les attentes, les difficultés du quotidien des citoyens qui aujourd’hui se sentent délaissés, sont en difficulté sociale, financière, professionnelle.

La première de ces plateformes mènera la bataille contre l’extrême-droite. Nous devons aller à la rencontre de ceux qui sont tentés par le Front National pour qu’ils se réapproprient les valeurs de la République et pour que notre parti, loin de la diabolisation, comprenne enfin pourquoi celui-ci gagne du terrain sur les territoires ruraux et périurbains, dans les classes sociales délaissées. Cette bataille des idées face au Front National, elle ne doit pas être menée depuis Paris, mais depuis ces territoires où il prospère.

La seconde plateforme citoyenne répondra à l’urgence sociale. Les représentants de la Fabrique au Bureau National ont demandé un collectif budgétaire pour répondre à cette urgence sociale et rendre du pouvoir d’achat aux plus démunis. Mais cette demande n’est qu’une première étape. Militants de La Fabrique, nous irons demander aux citoyens quelles sont les difficultés qu’ils traversent dans leur quotidien et quelles sont les réponses que la grande alliance populaire peut apporter à leurs souffrances.

La dernière plateforme, enfin, aura pour objectif de rétablir le contact entre les citoyens et la vie politique. Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que la future maison des progressistes soit la nouvelle incarnation de tous les reproches que nos concitoyens font à la politique : cumul des mandats, affaires, élite coupée du terrain… Au contraire, ces citoyens nous les écouterons pour savoir ce qu’ils attendent du Parti socialiste et de la gauche pour l’exemplarité et le renouveau des pratiques politiques.

Dès le retour des fêtes, que je vous souhaite joyeuses, nous vous invitons tous à participer à ce grand travail collectif initié par La Fabrique. Nous vous invitons à rencontrer les associations, les acteurs de la société civile ou tout simplement celles et ceux qui ne croient plus en la politique. Les mandataires fédéraux de La Fabrique recevront bientôt un guide pour les aider à structurer ces plateformes dans leur département. Construisons ensemble les idées qui permettrons le sursaut et l’unité de la gauche pour le XXIe siècle !

Karine Berger

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Retour en image sur l’évènement « Les 100 jours du PS » – Dimanche 17 mai 2015 au Tank à Paris

(crédits photos : Frédérick Moulin)